Les compagnons du Prophète psl

                                                                                        LES SAHABAS

 

Pendant la vie de Mahomet
Abû `Ubayda est né en 581. Il fait partie d'une famille de marchands du clan des Quraychites à La Mecque. En 611, Mahomet commençait à prêcher l'islam à La Mecque. Il commençait à convertir ses proches. Abû `Ubayda s'est converti peu après Abû Bakr, en même temps qu'`Omar[3] ce qui en fait l'un des tout premiers musulmans. Personne d'autre dans sa famille ne se convertit. Il était en butte aux vexations de tous.
Abû `Ubayda a fait partie de la centaine de nouveaux convertis à l'islam contraints à l'exil en Éthiopie (Abyssinie) (615). Les Quraychites opposants à l'islam envoyèrent une ambassade auprès du roi d'Ethiopie pour qu'il expulse les réfugiés. Le Négus[4] refusa d'expulser les réfugiés et repoussa les cadeaux offerts par les quraychites. Au contraire les Négus invita les musulmans à venir comparer les mérites du christianisme et de l'islam..
Pendant cette période Mahomet resté à La Mecque a subi toutes sortes de pressions. C'est là que Tabari situe le fameux épisode des « versets sataniques[5] ». Quelques-uns uns des exilés, dont Abû Bakr, revinrent alors à La Mecque mais la plupart n'ont rejoint Mahomet qu'après la conquête de Khaybar en 629 après l'hégire.
Bataille de Badr
L'év

 

Bataille d'`Uhud
Au cours de la bataille de `Uhud en 625, Mahomet a reçu un coup sur sabre, est tombé de cheval et n'a pas pu se relever à cause de ses blessures et du poids de sa cuirasse. Il est même passé pour mort aux yeux de quelques-uns. Le blessé fut mis à l'abri. La nouvelle de sa survie se répandit dans les rangs de l'armée musulmane ravivant l'ardeur des combattants. Une fois mis à l'abri, le premier soin des compagnons de Mahomet fut de lui retirer son casque. Deux de ses anneaux étaient tellement incarnés dans sa joue, qu'Abû `Ubayda al-Jarrâh dut les extraire avec sa bouche et perdit deux dents dans l'opération. Le sang gicla des blessures du prophète, `Alî apporta de l'eau mais Mahomet ne put que se rincer la bouche. Il prit le casque de Kab et rejoignit les combattants.[8]
 Bataille de `Uhud .
Jusqu'à la prise de La Mecque
En 627, Abû `Ubayda al-Jarrâh a participé à la bataille du fossé puis au massacre des Banu Qurayza.
En 628, Il a participé au traité d'Hudaybiya et en a été un des témoins[9]. La même année il a participé à l'expédition de Khaybar.
Après la bataille de Mu'ta
La bataille de Mu'ta a eu lieu en septembre 629[10]. Ce fut le premier affrontement entre les musulmans et l'empire byzantin. Mahomet était resté à Médine et la bataille fut un désastre pour les musulmans. Au cours de cette bataille, Khâlid ibn al-Walîd, qui était fraîchement converti à l'islam, permit aux musulmans de sauver la face. Cela lui a valu le titre de « sabre dégainé de Dieu[11] »
Le prestige de Mahomet a beaucoup souffert de ce revers. Des rumeurs s'étaient répandues de concentration de tribus hostiles. `Amru ben al-`Âs qui n'était encore qu'un nouveau converti se vit confier le commandement de 300 hommes et 30 chevaux pour aller au devant de ces tribus. Le choix d'`Amru pour cette mission a été dicté par son habileté mais surtout à cause de ses liens avec ces tribus. Après cinq jours de marche `Amru installa son campement près de la source appelée Salasil non loin de la frontière avec la Syrie. Le nombre d'ennemis rassemblés dans les environs lui faisait craindre de n'être qu'un faible objectif pour eux. Mahomet accepta alors d'envoyer 200 hommes supplémentaires sous le commandement d'Abû `Ubayda. Ayant rejoint `Amru, Abû `Ubayda voulut prendre le commandement mais `Amru refusa et Abû `Ubayda s'inclina. Avec cette force nouvelle `Amru traversa les territoires des tribus adverses recevant au passage leur serment d'allégeance. `Amru put revenir à Médine avec le sentiment du devoir accompli bien qu'il n'eut pas l'occasion de combattre[12]
L'expédition « des feuilles » ou « du poisson »
En novembre 629[13], Mahomet a donné à Abû `Ubayda al-Jarrâh le commandement d'une expédition contre les Banû Juhayn[14] qui vivaient au bord de la mer. Les musulmans se sont perdus et vinrent à manquer de vivres. Au début ils se contentaient de sucer des dattes mais quand elles vinrent à manquer à leur tour il en furent réduits à secouer les arbres pour en mâcher les feuilles. Dieu vint au secours des égarés en faisant s'échouer un poisson si énorme que les musulmans purent s'en nourrir pendant plusieurs jours. Puis ce fut la chair d'un animal nommé `anbar qui a nourri tout le monde pendant quinze jours. Enfin il se nourrirent des chameaux et rentrèrent à Médine sans avoir combattu[15].
Mort de Mahomet
A la mort du prophète (632) Abû `Ubayda fut brièvement l'un des candidats proposés au titre de calife avec `Omar, `Alî et Abû Bakr qui fut finalement choisi[16]
Règne d'Abû Bakr
En 634, Abû `Ubayda s'est dirigé vers la Syrie à la tête d'une armée de renforts faites de volontaires récemment arrivés à Médine. Cette armée d'invasion qui allait bientôt compter 24 000 hommes, était formée de tribus bédouines choisissant leur chef. Elle était formée de quatre corps d'armée. Abu `Ubayda commandait l'un d'eux. L'empereur de Byzance, faute de finances n'avait pas pu verser les subsides habituels aux tribus arabes chargées de protéger ses frontières. L'entrée en Syrie des troupes musulmanes a été facilitée. Les populations syriennes sont restées spectatrices de l'invasion musulmane.
Abû Bakr avait assigné une province à chacun de ses généraux : Abu `Ubayda avait reçu la province d'Homs (Hims). Yazid ben Abî Sufyan reçus Damas. `Amru ben al-`Âs la Palestine (Filistin). La Jordanie (Urdun) revenait à Churahbil ben Hasana. Se voyant devant une armée de 50 000 hommes les quatre généraux écrivirent à Abû Bakr qui demanda à Khâlid ibn al-Walîd de venir à leur aide. Kâlid pris la tête des opérations et massa les troupes musulmanes sur les rives de la rivière Yarmuk.

 

Règne d'`Omar
Dès sa prise de fonction le Calife `Omar qui avait fait des reproches et s'était opposé à Khâlid ibn al-Walîd pendant le califat d'Abû Bakr, changea de chef des armées, remplaçant le vainqueur de la bataille du Yarmouk, par Abû `Ubayda ben al-Jarrâh qui conserva Khâlid à son côté.
Prise de Damas
Les armées byzantines étaient à Damas et à Émèse (Homs) où l'empereur Héraclius se tenait en retrait. Le siège de Damas dura plusieurs mois (deux ou six selon les versions). Des machines de guerre y ont été utilisées pour envoyer des projectiles sur les habitants. Damas finit par se rendre en livrant la moitié de ses richesses aux troupes musulmanes (janvier 635 ou septembre 635[17]). L'empereur byzantin se replia à Antioche (Antakya). En 637 Abû `Ubayda prend Baysan, Tibériade et Fahil. Le sud de la Syrie est ainsi complètement sous le contrôle des musulmans.
Conquête des villes de Syrie
Abû `Ubayda reçut l'ordre de s'emparer d'Émèse (Homs). Les Byzantins renforcèrent les fortifications et une armée menée par Héraclius se déplaça d'Antioche (Antakya en Turquie) à Édesse (Urfa en Turquie) pour venir en aide à Émèse si nécessaire. Le siège d'Émèse commença en hiver. C'est un tremblement de terre qui vint en aide aux musulmans en écroulant une partie des fortifications.
Il restait deux villes à prendre : Chalcis (Hâdir Qinnasrîn ou al-`Iss en Syrie) et Césarée (Césarée en Palestine). Chalcis étant la plus proche elle fut conquise en premier [18] (636).
Seconde bataille d'Émèse
Pendant toute la 17me année de l'hégire (638), il n'y eut pas de campagne de conquêtes car les arabes étaient occupés à la construction de Koufa. Une partie des chrétiens habitants de l'Irak s'étaient dirigés vers Émèse pour y rejoindre les Byzantins. Il y eut une armée de plus de cent mille hommes sous les murs d'Émèse. Aussitôt Abû `Ubayda appela des renforts. Yazîd ben Abî Sufyân vint de Damas Mu`âwîya ben Abî Sufyân vint de Césarée et Khâlid ben Walîd resta à Chalcis à réunir une armée en attendant les renforts venant d'Irak. Khâlid ben Walîd arriva enfin et il conseilla à Abû `Ubayda de tenter une sortie. Une bataille de quatre jours s'engagea. Trois mille byzantins furent faits prisonniers. Trois jours après cette bataille l'Armée d'Irak arriva enfin[19].
Mort d'Abû `Ubayda
Une épidémie de peste ravagea la Syrie et en particulier le bourg d'Emmaüs
`Omar qui se dirigeait vers cette région de Syrie, fut informé de cette épidémie. Après avoir consulté différents compagnons, il décida de rebrousser chemin vers Médine. Abû Ubayda lui dit alors : « Fuis-tu le destin écrit par Dieu ? » `Omar répondit : « Oui, nous fuyons le destin écrit par Dieu pour partir vers le destin écrit par Dieu. Regarde : si tes chameaux se rendaient dans une vallée qui a deux collines et que tu les menais paître dans la colline fertile, tu le ferais par le destin écrit par Dieu. Et si tu les menais paître dans la colline sèche, tu le ferais aussi par le destin écrit par Dieu[20] »
Cette épidémie fit cependant deux victimes importantes : Abû `Ubayda et Yazîd ben Abî Sufyân (639)[21].
Remarque
Abu Obeida al-Jarrah, est le nom pris par l'un des chefs de la force favorable au Hamas, qui accuse le Fatah de servir les intérêts israéliens, et dit que les attaques israéliennes sur leurs bases sont une déclaration de guerre.

Khâlid ben al-Walîd (584 - 642)

Khâlid ben al-Walîd (584 - 642)[1] appelé également Abou Soleyman[2] ou Abou Walîd Aydhâ[3] est un qoraichite et le principal général du prophète de l'islam Mahomet après sa conversion. Il participe après la mort du prophète à la reconquête de la péninsule arabique et est le commandant des armées arabes lors des conquêtes de l'Irak et de l'empire byzantin (bataille de Yarmouk). Sur plus de cent batailles qu’il commande, il n’en perd aucune.

Sommaire

 

Avant la mort de Mohamed
Khalid, le chevalier de Qoreich renonce aux divinités de ses ancêtres et se convertit à l'islam. Durant l'expédition de Mouta qui a eu lieu en septembre 629[4], Khalid était un simple soldat, lorsque les chefs musulmans furent tués, il commanda l'armée. Les victimes parmi les Musulmans étaient nombreuses et leur puissance affaiblie ; les Byzantins étaient proche de l'écrasante victoire. Khalid s'avança pour scruter le vaste champ de bataille. Il prend l'initiative de diviser l'armée en groupes pendant que la bataille faisait rage en ayant donné au préalable les consignes à suivre. L'armée musulmane s'est alors repliée en bon ordre. Cela lui a valu le titre de « sabre dégainé de Dieu[5] » décerné par le prophète Mohamed lui-même.

Il fut choisi pour mener l'aile droite de l'armée musulmane lors de la conquête de La Mecque. Lorsqu'il entra dans la cité sainte des musulmans, il baissa la tête en reconnaissance à Dieu qui l'avait guidé vers l'islam. Khalid resta présent aux côtés du prophète mettant son génie militaire au service de la nouvelle religion.

En 632, apparaît Musaylima ben Thimâma, un homme prétendant être prophète pour concurrencer Mohamed dans le centre de l'Arabie.

 

Règne d'Abû Bakr
Après la mort du prophète des troubles éclatèrent dans diverses tribus sous le califat d' Abou Bakr. Khalid était au commande d'une partie des armées musulmanes pour rétablir l'ordre et combattre si cela s'avérait nécessaire. Il usa de sa ruse de fin stratège et réussit à remettre de l'ordre dans les tribus révoltées (batailles de la Ridda).Il combattit avec fougue et ardeur l'armée de Moussaïlama le Menteur.

 

Guerre contre les Banû Tamîm
Dans la tribu des Banû Tamîm, Sajâh de la tribu des Banû Taghlib[6], une prophétesse d'origine chrétienne née à Mossoul avait pris la tête des rebelles contre l'islam. Elle professait une sorte de syncrétisme entre l'islam et la le christianisme. Elle cherchait une alliance pour se renforcer contre le Calife[7]. Parmi la troupe de Banû Tamîm se trouvait Mâlik ben Nuwayra. Il était chargé de la collecte de l'impôt (Zakat) mais y avait renoncé à la mort de Mohamed. Sajâh fit mouvement vers Al-Yamâma pour faire alliance avec Musaylima. Ce mouvement inquiéta autant Musaylima que Khâlid ben al-Walîd qui se trouvait lui aussi dans les parages. Les armées musulmanes se retirèrent à deux jours de marche pour éviter l'affrontement.

Après quelques jours, Sajâh et sa tribu se retirèrent en Irak laissant les Banû Tamîm. Ces derniers étaient inquiets des réactions d'Abû Bakr et de son général Khâlid ben al-Walîd. Il envoyèrent une ambassade auprès du Calife pour plaider leur cause. Le Calife était prêt à pardonner mais `Omar s'interposa et déchira le traité qui venait d'être signé. `Omar imposa au Calife sa décision d'envoyer Khâlid ben al-Walîd faire le tri et mettre à mort les apostats.

Khâlid engagea une campagne contre les Banû Tamîm laissant Musaylima tranquille. Mâlik ben Nuwayra désirait éviter l'affrontement, il conseilla aux tribus de se disperser pour ne pas donner l'impression d'être en ordre de bataille. Khâlid cherchait un moyen de savoir qui avait apostasié ou non. Mâlik prisonnier n'a pas su convaincre qu'il n'était pas un apostat, il fut décapité. Sa très belle épouse Umm Tamîm a plu à Khâlid qui l'a épousée. Ce meurtre et ce mariage lui furent reprochés par Abû Bakr et par `Omar.

 

Guerre contre Musaylima
 Article détaillé : Musaylima.
Après cette campagne contre les Banû Tamîm, les armées musulmanes se retournèrent vers Al-Yamâma[8] dans laquelle Musaylima s'était retranché.

La victoire est payée chèrement, 1 100 musulmans sont tombés, mais Musaylima est mort au combat. Les partisans de Musaylima se replient dans leur forteresse. Madjâ', l'un des généraux de Musaylima réussit à faire croire à Khâlid qu'il dispose encore de troupes fraîches et parvint ainsi à obtenir des condition de reddition très favorables. Khâlid reçut une lettre, lui reprochant cette erreur, signée d'Abû Bakr.

Au cours de cette bataille meurtrière de nombreux compagnons de Mohamed, dont Zayd ben al-Khattâb frère d'`Omar, ont été tués. `Omar suggéra à Abû bakr de faire une première recension écrite des sourates du Coran de peur que la tradition se perde si les compagnons venaient tous à mourir. C'est à Zayd ben Thâbit qui avait été le secrétaire de Mohamed, qu'échut cette tâche. Ce livre, quand il fut achevé, fut gardé par Hafsa, fille d'`Omar, et quatrième épouse de Mohammed.

Abû Bakr a envoyé onze généraux pour combattre les tribus qui on rejeté l'islam après la mort de Mohamed. Khâlid fut chargé de la région d'Al-Yamâma.

 

Conquête de l'Irak
En 633, Abû Bakr lance la campagne de conquête de l'Irak. Khâlid part d'Al-Yamâma et se dirige vers Bassora puis Koufa la populations des villages qu'il travers vient à sa rencontre et demandent la paix contre le paiement d'un tribut. Khâlid accepte et continue sa marche vers Al-Hîra. La ville se rend facilement, Khâlid l'épargne contre le paiement d'un tribut. Khâlid se voit alors confier par la calife le commandement de toutes les armées d'Irak qui atteignent 10 000 hommes[9].

 

La bataille des chaînes
Les ordres d'Abû Bakr concernant Khâlid étaient d'attaquer Obolla[10] qui était la place forte frontière de la Perse. La place est défendue par 20 000 hommes commandés par Hormuz[11]. Les autres généraux reçurent l'ordre d'attaquer plus au nord et à l’ouest. Khâlid envoya à Hormuz une lettre qui disait : « J’arrive, moi, le général du vicaire de Dieu. Embrasse l’islam et paye le tribut ou prépare-toi à la guerre[12]. »

Obolla a été l’un des ports principaux de l’empire sassanide sur le Golfe, située sur les rives du Tigre à l’entrée de Bassora, un nœud de jonction d’une importance capitale

La bataille commence par un duel d’homme à homme entre Hormuz et le Khâlid. Khâlid évite un coup de sabre porté par Hormuz. Khâlid le surprend en sautant sur lui, le soulève et le jette au sol et tire son poignard pour l’égorger. Hormuz appelle ses cavaliers pour lui porter secours. Les cavaliers encerclent les deux hommes pour dégager Hormuz et se débarrasser de Khâlid. Les musulmans réagissent rapidement. Ils écartent les Perses et les éloignent de Khâlid qui en profite pour trancher la tête d’Hormuz et la jeter au milieu des troupes perses.

Le lendemain Khâlid entre dans Obolla. On a trouvé dans un magasin des chaînes qui étaient destinées dit-on à enchaîner les prisonniers musulmans. Khâlid fit le partage du butin et en envoya le cinquième au calife à Médine avec en plus une tiare ornée de pierres précieuses et un éléphant

Peu après cette victoire Khâlid remporta une autre bataille, à Madsâr, contre les renforts que le roi de Perse avait envoyé pour soutenir Hormuz. Il y aurait eu 30000 soldats perses tués ce jour là. Il y eut un butin considérable et Khâlid a permis à chacun de garder ce qu’il avait pris. Il envoya une lettre à Abû Bakr pour lui annoncer cette nouvelle victoire.

 

Bataille de Walaja
Cette bataille commence elle aussi par un combat singulier entre Khâlid et un guerrier perse surnommé « Mille cavaliers » parce qu'il valait mille cavaliers pendant les combats. Khâlid parvint à transpercer son adversaire d'un seul coup de lance. Il revint au camp pour demander à manger car il avait fait le vœu de ne pas manger avant d'avoir tué cet homme. Après s'être restauré Khâlid donna l'ordre d'attaquer. Le bilan pour les Perses fut encore plus mauvais qu'à Madsâr. Khâlid s'empara de Bassora et de tout le sud de l'Irak (Sawâd)[13].

 

Bataille de Lîs
Les tribus arabes, souvent chrétiennes, qui servaient à l'empire Perse de troupes supplétives pour protéger les frontières de l'empire, ont vu l'arrivée de Khâlid comme une menace. Elles ont demandé l'aide de l'empereur. Celui-ci envoya un de ses généraux pour faire la jonction avec les Banû Bakr et les Banû `Idl. Khâlid prévenu de ce plan décida d'attaquer directement l'armée perse avant même qu'elle puisse faire sa jonction avec les deux tribus arabes.

L'armée perse est rejointe alors qu'elle s'était installée pour prendre un repas au bord de l'Euphrate. La bataille fut l'une des plus acharnées que les Perses aient faite. Khâlid donna l'ordre de na pas tuer sur le champ les combattants mais de les faire prisonniers. Le lendemain, il fit conduire ces prisonniers sur la rive du fleuve. Il les fit décapiter de telle sorte que le fleuve devint rouge de leur sang. Khâlid fit ensuite le partage du butin en envoyant le quint au Calife[14].

 

Soumission du Sawâd
Amghîchîya était la plus grande ville de la Sawâd, les propriétaires terriens (dihqân) s'unirent contre Kâlid. A Al-Hira l'un des plus important d'entre-eux, Azâdubè, organisa une armée pour combattre Kâlid. Il allait lancer son armée contre Khâlid mais il s'enfuit d'Al-Hira. La troupe se sentant abandonnée rentra dans Al-Hira. Khâlid envoya ses troupe prendre la ville. Il donna l'ordre à ses soldats de n'accepter que la conversion à l'islam pour avoir la vie sauve. Un groupe de moines qui vivaient là sortirent de la ville et implorèrent la grâce de Khâlid. Après cela les notables obtinrent la paix contre le paiement d'un tribut[15].

Tabari raconte alors l'entrevue de Khâlid avec un habitant de Al-Hira « âgé de trois cents ans et qui vécut encore soixante ans après Khâlid »[16].

Les propriétaires terriens voyant qu'ils ne pouvaient luter contre Khâlid acceptèrent de payer l'impôt foncier. On réunit ainsi une somme de deux millions de dirhems qui fut remise à Khâlid. Khâlid s'est alors dirigé vers Anbâr

 

Prise d'Anbâr
Azâdubè, le fugitif d'Al-Hira s'était réfugié dans Madâ'in. Khâlid envoya deux messager à Madâ'in qui reçurent la réponse que seule la guerre devait décider. Anbâr était une place forte très ancienne sur la route entre la Sawâd et Madâ'in. Ses environs accueillaient bon nombre des tribus arabes en rébellion contre le calife. Parmi celles-ci on retrouvait des Banû Taghlib qui avaient suivi leur prophétesse à Al-Yamâma. Khâlid se précipita hors d'Al-Hira. Les tribus arabes qui étaient là vinrent s'affronter aux troupes musulmanes de Khâlid et furent repoussées. Le gouverneur persan voyant les fuyards s'empressa de quitter la ville et d'y laisser les habitants se défendre comme il le pourraient. Khâlid fut inflexible, il ne voulu admettre qu'une reddition sans concession. L'hostilité permanente des bédouins chrétiens amena Khâlid à prendre des mesures de plus en plus dures. Les chefs furent décapités devant les murs de la ville et tous les hommes de la garnison furent mis à mort.

Il y avait un monastère où quatre jeunes gens s'étaient réfugiés. Ils se firent passer pour des étudiants recevant l'instruction des évangiles. Le sort de ces quatre hommes n'a d'intérêt que parce qu'ils sont, d'après la tradition, les ancêtres de quelques hommes célèbres comme Ibn Ishaq l'historien et Musa ben Nusayr le conquérant de l'Espagne[17].

Tabarî raconte qu'après la prise d'Al-Anbâr,Khâlid fit une série de prises de places fortes et de batailles : Ayn at-Tamr, Dumat al-Jandal, Hacîd, Mudhaiyah, Thinîs, Rudhâb, Firâdh. Cette dernière bataille aurait fait cent mille morts au dire de l'auteur[18].

Sachant que le calife ne l'y autoriserait pas, Khâlid entreprit avec quelques compagnons un pèlerinage à La Mecque clandestin. À son retour Abû Bakr, à l'instigation de `Omar, écrivit à Khâlid une lettre de reproches pour avoir laissé son armée sans commandement. Le projet de Khâlid était encore de se diriger vers Madâ'in. Il resta à Al-Hira pour y préparer ses troupes.

 

Conquête de la Syrie
Jusqu'en en 634, les musulmans n'ont pas encore pénétré la Syrie qui est sous la domination de l'empereur de Byzance et où là aussi certaine tribus arabes servent à protéger les frontières. L'empereur de Byzance, faute de finances n'avait pas pu verser les subsides habituels aux tribus arabes chargées de protéger ses frontières. L'entrée en Syrie des troupes musulmanes a été facilitée. Les populations syriennes sont restées spectatrices de l'invasion musulmane.

Dans le but d'envahir ce pays, Abû Bakr constitua quatre corps d'armées, auxquels devait s'adjoindre un quatrième, formé de troupes venant de Médine sous les ordre de Mu`âwiya. Abû Bakr avait assigné une province à chacun de ses généraux : Abu `Ubayda avait reçu la province d'Homs (Hims). Yazid ben Abî Sufyan reçus Damas. `Amru ben al-`Âs la Palestine (Filistin). La Jordanie (Urdun) revenait à Churahbil ben Hasana. Se voyant devant une armée de 50 000 hommes les quatre généraux écrivirent à Abû Bakr qui demanda à Khâlid ben al-Walîd de venir à leur aide. Kâlid pris la tête des opérations et massa les troupes musulmanes sur les rive de la rivière Yarmuk.

 

Bataille de Yarmouk
 Article détaillé : Bataille de Yarmouk.
Avant la bataille, Khâlid est informé qu'Abû Bakr est très malade. C'est au début du combat qu'arrive la nouvelle de la mort du Calife. Khâlid préfère que cette nouvelle ne se répende pas pour ne pas démobiliser ses troupes. `Omar qui succède à Abû Bakr destitue Khâlid dès son accession au pouvoir. Il vient lui même sur le champ de bataille pour lui annoncer la nouvelle de son remplacement par Abû `Ubayda ben al-Jarrâh.

Khâlid annonce à Abû `Ubayda qu'Abû Bakr est mort, qu'`Omar le remplace et que lui même est désormais le commandant en chef de l'armée de Syrie. Abû `Ubayda annonça à la troupe la mort d'Abû Bakr et fit le partage du butin.

`Omar envoya une lettre à Abû `Ubayda, expliquant les raison de sa décision : en accusant Mâlik ben Nuwayra de n'être pas un bon musulman et en le tuent, Khâlid aurait montré par là son incapacité à diriger correctement les musulmans.

La destitution de Khalid ben Al Walid marque la fin de la progression spectaculaire des conquêtes arabes au temps des quatre grands califes.

 

Règne d'`Omar
Après la victoire de Yarmûk, Khâlid a été tenu à l'écart.

L'année 639 marque une pause dans les conquêtes territoriales car le calife met toute son énergie dans la fondation de sa nouvelle capitale Koufa. Seul Abû `Ubayda ibn al-Jarrâh continue la conquête de la Syrie.

 

Seconde bataille d'Emèse
L'empereur byzantin Héraclius, voyant la progression des musulmans en Irak chercha à rallier les populations chrétiennes de Mésopotamie pour renforcer ses armées. Il y eut une armée de plus de cent mille hommes sous les murs d'Émèse. Aussitôt Abû `Ubayda appela des renforts. Yazîd ben Abî Sufyân vint de Damas Mu`âwîya ben Abî Sufyân vint de Césarée et Khâlid ben Walîd resta à Chalcis pour réunir une armée en attendant les renforts venant d'Irak. Khâlid Ibn al-Walîd arriva enfin et il conseilla à Abû `Ubayda de tenter une sortie. Une bataille de quatre jours s'engagea. Trois mille byzantins furent faits prisonniers. Trois jours après cette bataille l'Armée d'Irak arriva enfin[19]. `Omar donna l'ordre à Abû `Ubayda de distribuer le butin même aux soldats de l'armée d'Irak qui n'avaient pourtant pas participé aux combats.

En 639, la Syrie est complètement conquise. Abû `Ubayda dans une lettre au calife, fait l'éloge de l'initiative de Khâlid lorsqu'il lui a demandé de faire une sortie hors des murs d'Emèse. En retour, `Omar ordonne à Abû `Ubayda d'interroger Khâlid sur l'origine de l'argent dont il se montre si prodigue, car il est dit : « Dieu n'aime pas les prodigues[20] ». Abû `Ubayda fait venir Khâlid de Chalcis à Emèse. Après avoir vainement interrogé Khâlid, Abû `Ubayda l'envoie à Médine rencontrer le calife. De nouveau interrogé sur l'origine de sa fortune, Khâlid répond qu'elle lui vient de la pointe de son épée. `Omar a destitué complètement Khâlid, lui reprochant de s'attribuer à lui seul ses victoires en oubliant qu'elles étaient dues à la volonté de Dieu. Abû `Ubayda est mort au cours de l'épidémie de peste qui a sévi en Syrie. Khâlid a perdu son dernier défenseur devant `Omar.

 

Mort de Khâlid
Sur son lit de mort, Khalid b. AI-walid confia le secret qu’il convoitait tant depuis qu’il avait embrassé l’Islam. Durant sa vie de militant de la cause musulmane, il désira ardemment être tué en combattant sur le chemin de Dieu: «J’ai fait tant de batailles, avait-il dit avant de mourir, et il n’y a pas d’endroit dans mon corps qui n’ait reçu un coup de sabre ou de flèche. Mais me voilà dans ma couche en train de mourir de mort naturelle comme meurt un chameau.» En attendant sa mort avec résignation, il dicta son testament, dans lequel il léguait son cheval et ses armes à Omar ibn al-Khattab, ses principaux biens. Il n’était pas intéressé par les choses de la vie mondaine. Son seul but consistait toujours à remporter la victoire sur les ennemis du Vrai. Grâce à lui, les musulmans avaient mis fin aux mouvements de renégats, battu les Perses en Irak et les Byzantins en Syrie.

Aujourd'hui, la mausolée de Khâlid ben al-Walîd est dans la mosquée de la ville de Homs en Syrie

 

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