La vie du prophete psl

 

 

Les noms de Mahomet
 
Calligraphie arabe sur une assiette
Le nom complet de Mahomet est Abu-l-Qâsim Mouhammed ibn `Abd Allâh ibn `Abd Al-Mouttalib ibn Hâchim . Le nom proprement dit y est précédé par la kunyah marquant la paternité (père de Al-Qâsim) et suivi par le nasab, c'est-à-dire la généalogie (fils de `Abd Allâh, le fils de `Abd Al-Muttalib, le fils de Hâchim). De nombreux autres noms lui ont été attribués, soit de son vivant, soit par la tradition islamique. On en compte 201, dont Al-Mustafâ et Al-Mukhtâr qui signifient « l'élu », Al-Amine qui signifie « le loyal », Ahmad et Mahmoud qui sont dérivés de la même racine que Mohammed.

 

Dans le Coran et les hadiths, Mahomet est habituellement appelé le messager de Dieu (rasoul) (ar-rasūl, « le messager », « l'envoyé »), plus de 200 fois dans le Coran. Il est également désigné par l'expression prophète (nabi) (النَّبيّ, an-nabīy, « le prophète »). Ces deux appellations renvoient à une distinction faite en islam entre deux catégories de personnes investies d'une mission apostolique ; les messagers de Dieu, appelés aussi envoyés de Dieu, sont d’après la terminologie islamique les personnages ayant reçu la révélation de lois abrogeant les lois des messagers qui les auront précédés, avec l'ordre de le transmettre aux hommes, tandis que les prophètes reçoivent une révélation par les mêmes voies ainsi que l'ordre de transmettre un message aux hommes, mais ce message ne leur est pas propre, il est celui du messager qui les aura précédés. Selon cette classification, tout messager est un prophète, mais ce n'est pas tout prophète qui est messager. Les uns comme les autres reçoivent la révélation, mais seuls les messagers reçoivent un livre ou une loi nouvelle. Selon la tradition musulmane il y aurait 124 000 prophètes et 313 messagers, le premier d'entre eux étant Adam, le premier des humains, et le dernier, Mahomet, l'un comme l'autre étant des prophètes messagers [1].

 

Lorsque les musulmans prononcent ou écrivent le nom de Mahomet, ils ajoutent généralement une bénédiction, « le salut soit sur lui[2] [3]. »

 

 

 

Transcriptions du nom

 

Mahomet
Mahomet est la forme de nom traditionnellement et majoritairement utilisée dans la langue française. Son éloignement des transcriptions modernes et anglo-saxonnes du nom ont parfois conduit à des débats sur le terme à adopter en français. D'après Édouard-Marie Gallez, il serait préférable d'orthographier le nom à la manière arabe Muhammad, car il est révélateur d'un sens que la version française occulte[4]. Le nom "Mahomet" a été disséqué par des linguistes à la Sorbonne, il relèverait selon l'analyse effectuée d'un sentiment de réfutation.[5]

 

Le terme français Mahomet serait, selon une interprétation, une déformation du turc Mehmet[6],[7],[8].

 

La variante francisée, Mahomet, est proche des versions des langues romanes apparentées : Mahoma en espagnol, Maomé en portugais, Maometto en italien, Mahomed en roumain.

 

 

 

Autres transcriptions
Son nom arabe Muḥammad (محمد) est parfois aussi transcrit Mohammed ou encore Muhammad, ce dernier étant la forme rencontrée majoritairement dans les pays anglophones[9].

 

Parmi les variantes :

 

Mohamed est la forme rencontrée dans le Maghreb et au Québec[10].
Mouhammed est une version arabe qui s'écrit avec les quatre consonnes mîm, hâ', mîm et dâl, qui signifient en arabe « Celui qui est digne de louanges ».
Muhammet ou Mehmet en Turquie,
Mohand en langue berbère,
Mamadou dans certains pays d'Afrique noire, par déformation de la forme déclinée au nominatif : Mouhammadou.
Mahound est une autre manière, péjorative, dont le prophète de l'islam a été nommé en Occident pendant le Moyen-âge[11]. Ce nom est contemporain de l'époque où Mahomet était (de manière erronée) considéré comme une déité que les musulmans auraient adoré ou encore qu’il s’agissait d'un démon ou d'un cardinal romain qui avait inspiré une fausse religion à ces hommes. Mahound en est venu à simplement désigner le diable en Occident[12][13]. Une variante de cette croyance et de cette appellation attribue le nom de Baphomet à la divinité vers laquelle se seraient tournés certains templiers pendant leur contact avec les musulmans[14] [15].

 

 

 

                                                                 Biographie

 

Naissance et enfance

 

Empreinte du pied du prophète au musée d'Istanbul
Mahomet naît à la fin du VIe siècle, vers 570[16], à La Mecque, cité caravanière vivant du commerce de marchandises transitant de l'Inde vers l'Occident via Aden puis la Syrie, en traversant le désert de la péninsule arabique. Il est né précisément un lundi soir, le douzième jour du rabî`a premier[17], troisième mois lunaire du calendrier arabe [18].

 

L'année de naissance de Mahomet est appelée traditionnellement « Année de l’éléphant » en référence aux évènements qui s'y seraient déroulés[18]. Le général chrétien éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, aurait attaqué en vain La Mecque avec une troupe d’éléphants pour démolir le sanctuaire vénéré par les Arabes (la Ka`ba). Le Coran rapporte ce récit (Le Coran, L’Éléphant, CV (ar)الفيل), et il est dit que l'attaque fut repoussée par la riposte miraculeuse d'oiseaux jetant des pierres brûlantes. La tradition musulmane dit que des témoins oculaires de cette attaque étaient encore en vie lors de la révélation de cette sourate.

 

Mahomet appartient à la tribu de Quraych (ou Koreish), une très ancienne tribu arabe. Il descend de Ghâlib, fils de Fihr, surnommé Quraych, guerrier puissant et redouté. Son père `Abd Allâh ibn `Abd Al-Muttalib est fils de `Abd Al-Muttalib, fils de Hâchim, prince des Quraychites, gouverneur de La Mecque et intendant de la Ka`ba.

 

La famille de Mahomet est hachémite par référence à son arrière-grand-père Hâchim ibn `Abd Manaf. Les Quraychites se réclament de descendances de Ismaël, fils d'Abraham et ont la garde de la Ka'ba, sanctuaire reconstruit par Abraham et son fils Ismaël, selon la tradition musulmane, et désigné par le père des trois monothéismes comme un lieu de pèlerinage.

 

Mahomet est issu du mariage de `Abd Allâh ibn `Abd Al-Muttalib et Amina (Amina ou Aamina bint Wahb) fille de Wahb, chef du clan médinois des Banû Zahrah. Elle accouche de Mahomet à La Mecque dans la maison de son oncle paternel Abû Tâlib du clan des Banû Hâchim, le lundi 12 rabî`al-awwal. Son accoucheuse est Ash-Shifâ', la mère de `Abd Ar-Rahmân ibn `Awf [réf. nécessaire].

 

La mort de son père `Abd Allâh survient avant la naissance de Mahomet à Yathrib, qui depuis a pris le nom de Médine. Le septième jour après sa naissance, son grand-père `Abd Al-Muttalib donne un nom à son petit-fils : Mahomet, ce qui signifie « Le Loué ».

 

 

 

D'après Tabari, le lendemain de la naissance du prophète, Abdou'l-Mottalib donna le nom de Mohammed, car son père était mort depuis quatre mois. Le prophète a été gardé par Halîma, fille d'Abou Dsouwaib appelé Abdellah ben al Harith et son mari était Harith fils d'abdou l Ozza fls e Rifa. Les deux personnes faisaient partie de la famille des Beni Sa`d [19]. C'était une famille pauvre qui devait élever le prophète [20]. La coutume arabe préconisait que les enfants soient élevés à la campagne [20].

 

Conformément à la coutume des familles nobles de Quraych, sa mère Amina le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, la servante de son oncle Abû Lahab, puis à Halîma bint Al-Hârith As-Sa`diyyah[21] (de la tribu des Saadites, Banû Sa`d), qui emporte le nourrisson dans le désert où son mari vit avec la tribu des Saadites à l'écart du reste de la population. La vie dans le désert, au milieu des Bédouins réputés pour la pureté de leur langue, était censée prodiguer aux enfants santé et force d'expression.

 

Selon la légende, alors que Mahomet et l'un de ses frères de lait avaient la garde de quelques bêtes à proximité des habitations, Halîma et son mari Abû Kabshah sont alertés par leur fils de lait que Mahomet a été pris à parti par deux hommes de blanc vêtus, qu'ils l'ont couché sur le sol et lui ont ouvert le torse. Accourant sur les lieux, Halîma et son mari trouvent leur enfant debout tout pâle. Le jeune Mahomet leur explique que deux hommes vêtus de blanc étaient venus et l'avaient couché par terre, et qu'ils lui avaient ouvert le torse et en avaient extrait quelque chose. Selon la tradition musulmane, les deux hommes vêtus de blanc seraient deux anges, envoyés pour purifier le cœur de l'enfant, destiné à être prophète, et pour apposer le sceau de la prophétie entre ses épaules.

 

Craignant pour la santé de l'enfant, Halîma s'empresse de rendre l'enfant à sa mère Amina qui meurt trois ans plus tard. Mahomet n'a alors que six ans. Son grand-père paternel `Abd Al-Muttalib le prend alors dans sa maison. Deux ans après, sur son lit de mort, `Abd Al-Muttalib charge Abû Tâlib, l'aîné de ses enfants, frère utérin de `Abd Allâh, de prendre soin de Mahomet. Son oncle Abû Tâlib — le père d'Ali — l'élève comme ses propres enfants [22].

 

Jusqu'à l'âge de 40 ans, il y a peu de détails écrit sur sa vie, elle est reconstituée d'après la tradition orale, mise par écrit 140 ans après sa mort, grâce aux témoignages de ceux qui avaient connu ses premiers compagnons. Il aurait été berger puis caravanier avant d'entrer au service de Khadija, une riche veuve qui organisait des caravanes marchandes. Malgré leur différence d'âge (Khadija avait 40 ans et Mahomet environ 25), ils se marient et auront deux (ou trois, selon les sources) fils qui moururent en bas âge, Al-Qâsim et Tayeb, et quatre filles, Zaynab, Ruqayyah, Umm Kulthûm et Fâtima la future épouse d'Ali.

 

 

 

                                                          Jeunesse

 

Coffret contenant des cheveux du prophète dans le musée d'Istanbul
Alors que Mahomet a douze ans, Abu Talib décide de tenter sa chance dans le commerce caravanier avec la Syrie. Son neveu insiste pour l'accompagner.

 

À la Mecque, d'après les deux biographies (Sîra Ibn Hichâm et Sîra Ibn Kathir), Mahomet se distinguera des gens de son âge. Il est fort, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions, fidèle à ses amis et plus encore à ses promesses. Il évite avec un soin extrême tout ce qui peut faire soupçonner en lui quelque goût pour le vice.

 

Les Quraychites ayant déclaré la guerre (connue sous le nom d'al-Fijâr[23], (l'impie) vers 590) aux Tribus de Kénan (Canaan) et de Hawazan[24], ils marchèrent contre elles commandés par Abu Talib. Mahomet, âgé de vingt ans (ou de quatorze ans[25]) se distinguera par son intrépidité. Les deux Tribus sont battues et dispersées [26].

 

Quelques temps plus tard, les fondations de la Kaaba sont gravement touchées par des pluies torrentielles [26]. Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire doit être démoli et reconstruit par les Quraychites. Quand il s'agit d'y reloger la Pierre noire, une météorite qui serait vénérée par les Arabes depuis le temps d'Abraham, les tribus ne s'accordent pas sur le choix de celui qui aura l'honneur de replacer la pierre sacrée. Elles conviennent qu'il reviendra au premier qui se présentera le lendemain à la porte du temple. Ce fut Mahomet. Pour ménager les susceptibilités, il enlève sa cape et y place la pierre noire, qu'il fait élever ensuite par deux Arabes de chaque tribu et la prenant alors, il la place lui-même, sous le regard approbateur de tous les habitants de la Mecque, enchantés de la noblesse de cette action, pour démêler l'orgueil qui en avait été le motif [27]

 

 

 

                         Le contexte religieux, historique et culturel en Arabie

 

Au Sud
La langue du Sud est différente du nord de la péninsule de l'Arabie. Le Sud était en plein déclin, après la chute successive du Royaume de Saba qui a duré des millénaires. Les Himyarites sont les derniers souverains de cette région. Dhu Nuwas fut le dernier roi de la dynastie à la fin du Ve siècle, il se convertit au judaïsme et punit les chrétiens à cause de la persécution des Byzantins. Les Éthiopiens prennent la région, ils étaient en majorité chrétiens. Vers 575, les Perses font une incursion par la suite. La domination des Éthiopiens et des Perses a été éphémère. La société était très développée par rapport aux autres. Les habitants sont sédentaires et habiles dans la construction de digue et avaient une grande aisance dans la pratique de l'agriculture. Ils produisaient et exportaient les épices, la myrrhe, l'encens, les aromates, etc., à une partie du monde. Les routes étaient prospères pendant le temps de la paix (accord signé entre les Arabes et les Romains à l'époque de l'empereur romain et arabe Philippe l'Arabe). Le Yémen était une société monarchique et la religion était polythéiste. La population écrivait déjà (les chercheurs ont trouvé plusieurs inscriptions)[28].

 

 

 

Le centre et le nord
Les régions plus au nord étaient influencés par la culture Araméenne hellénisée. Les pistes commerciales étaient établies. Les Nabatéens fondent leur royaume et la ville de Petra fut la capitale. Trajan concrétise une province romaine au nord de la Nabatène. De 244 à 249, Philippe l'Arabe dirigeait toute la province. Au sud la Syrie était connue sous le nom de Palmyre, Odénat ("Udhayna") était le premier souverain puis sa femme Zénobie ("Zayneb") le remplaça. Aurélien prend la région puisque presque la totalité de la population était semi-nomade ou nomade. L’histoire demeure obscure au sujet des autres dynasties Lihyan et Thamud. Des inscriptions relèvent l'existence des deux pays. Le Coran mentionne Thamud[29]. En 384, le traité de paix entre les Sassanides et les Romains fait arrêter les guerres dans la région. Cette paix durera jusqu'en 502. Les Byzantins et les Perses pratiquaient les routes de la région qui étaient sûres[28].

 

Entre le IVe et VIe siècles, La région se dégrade par la suite. Les Byzantins et les Sassanides se sont désintéressés de cette région. La société arabe demeure tribale. L'élevage était important pour la survie, parfois les Bédouins attaquent les caravanes des arabes qui habitent les contrées sédentaires. Les tribus arabes avaient un chef élu et avaient un conseil formé de membre de la même famille (Ahl al-Bayt) (les gens de la maison). La religion des tribus était polydémonisme[28].

 

 

 

La Mecque
La ville réunissait les grands marchands de la tribu des Quraychites. Ces derniers concluaient des traités avec les Byzantins, les Ethiopiens, les Sassanides, etc. La Mecque était ville marchande. Les notables de la ville dirigeaient tout par l'intermédiaire d'un conseil (Madjles)[28].

 

 

 

La littérature
La poésie arabe tenait une place importante dans La Mecque. Les premiers écrits seront compilés deux siècles plus tard dans deux recueils de poèmes : les Mu'allaqât et les Mufaddaliyat. Ces ouvrages de synthèse ne donnent qu'une vision partielle de ce que pouvait être la littérature de l'époque. Il est probable que seuls les poèmes ou les parties de poèmes jugés les meilleurs ont été conservés.

 

 

 

Rites et religions
Les hommes de Quraych enterraient leurs filles vivantes avant la révélation du Coran[30].

 

Le paganisme arabe existait depuis longtemps. Il y avait plusieurs religions pré islamiques chez les Arabes[31]. Les spécialistes soulignent trois groupes importants dans l'Arabie méridionale, centrale et septentrionale. Le Coran révèle plusieurs divinités de cette époque ( Houbal, Quzeh, Al Lât (femme), Al-Ozzâ, Wadd (Amour), Amm, Yagût, Nasr, etc[31]. Il y avait le culte des morts chez les Arabes, mais il est mal connu. Le culte des anciens était assez répandu chez les Arabes sédentaires que les nomades. Les Arabes faisaient des visites aux tombeaux et faisaient des rites[31].

 

La Ka'ba faisait partie des visites et des rites sacrés chez les Arabes avant Mahomet[31]. Certains chercheurs parlent d' Animisme arabes [32]. Plusieurs Arabes étaient chrétiens avant l'apparition de l'Islam. Les Arabes judaïsés étaient éparpillés dans la région, ils étaient à Yathren (Médine) et étaient des agriculteurs et des artisans[28]

 

Quelques décennies avant la naissance de Mahomet, le mouvement des Hanifs naît en Arabie d'une frustration vis-à-vis des religions existantes et aspire à la restauration de la religion d'Ibrahim. Les adeptes de ce mouvement s'écartent des turpitudes (beuveries et luxure) dont les Arabes sont devenus coutumiers au fil des siècles et du culte des idoles. La venue annoncée de l'ultime prophète occupe les cercles religieux et fait l'objet de surenchères entre les différentes communautés religieuses qui espèrent le soutien victorieux de l’Envoyé du Ciel.

 

Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme prophète de l'islam pour toute l'humanité est annoncée dans la Torah et dans l'Injil (l'Évangile) sous le nom de Ahmed : «  Et quand Jésus fils de Marie dit : ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager de Dieu [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Torah, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera Ahmad. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : C’est là une magie manifeste[33]. »

 

Le terme ahmadu utilisé dans le Coran peut aussi se traduire simplement très louangé ou dont le nom sera très louangé. [34]

 

 

 

Contexte étranger
Tabari énumère des signes sensés annoncer la venue de Mahomet :

 

Le premier signe a été l'effondrement de la voûte palais de Madâin[35].
Les habitants de Roum se rebellent contre l'empire. Ils tuent Maurice[35] en 602 et mettent sur le trône Phocas.
Le roi de Perse Parwiz[36] a failli tomber dans l'eau alors qu'il franchissait un pont emporté par le fleuve[35]. Parwis a demandé à ses astrologues la signification du mauvais sort qui le poursuit. L'astrologue lui répond, qu'une nouvelle religion va voir le jour dans le Monde[35].
Parwis a envoyé un général du nom Sadran pour exterminer tous les chrétiens de Jérusalem, il y a eu trois mille morts[35].
La guerre entre les Grecs et les Perses. Kesra[36] (Kesra-Parwîs) a perdu la guerre[37].
La bataille de Dsou-Qar. Kesra a perdu la bataille contre les Lakhmides, Arabes christianisés, en révolte contre leurs suzerains Sassanides[37] en 611.

 

                                                                     Sa mission

 

La caverne de Hira, l'endroit où le prophète aurait reçu le premier verset du Coran
Dans ce contexte, Mahomet effectue de nombreuses retraites spirituelles. C'est en 610 que, pour la première fois, l'ange Gabriel (Jibril) lui serait apparu dans la grotte de Hira où il avait coutume de se recueillir et lui aurait transmis la révélation, la parole de Dieu. Mahomet, qui a alors 40 ans, commence à transmettre des versets qu'il déclare être révélé par Allah et dicté en arabe par l'ange Gabriel, cette dictée durera vingt-trois ans. Les révélations se sont accomplies ponctuellement ou régulièrement selon les péripéties de la vie du prophète et de la communauté des croyants. Ils formeront le Coran, que Mahomet prend soin d'enseigner oralement dès le début.

 

La tradition rapporte que, effrayé par la première visite de l'ange Gabriel, Mahomet se réfugie auprès de son épouse et lui raconte ce qui vient de lui arriver. Khadija couvre Mahomet, à sa demande, (d'où l'intitulé de la sourate : Al-Muzzammil, « l'Enveloppé ») et s'enquiert de son état auprès de son cousin, Waraqah ibn Nawfal, qui lui annonce que son époux est le prophète attendu. Plus tard, Khadija retournera voir son cousin, en compagnie de Mahomet. Waraqah lui confirme qu'il est un prophète de Dieu et que l'apparition de la grotte de Hira n'est autre que l'ange Gabriel. Il annonce à Mahomet des difficultés, qu'il va endurer dans l'accomplissement de sa mission, notamment un bannissement de sa tribu. D'emblée Khadija croit en son époux et lui apporte un soutien inconditionnel, elle est, de ce fait, considérée comme la première croyante. Mahomet aurait fait part secrètement de son message à ses proches, et avec eux il fonde un groupe de croyants qui s'appelleront les musulmans : nommés ainsi en référence au prophète Abraham (muslim, celui qui se donne, qui se soumet volontairement à Allah « Dieu »). Puis, la prédication devient publique et s'étend à l'ensemble des Quraych [38]

 

Selon Tabari, Khadija, la femme de Mohamed, était la première à se convertir à l'Islam. Le deuxième homme qui a connu l'histoire de Mohamed, était un savant chrétien du nom de Waraqua, il sera le premier homme à suivre Mohamed parce qu'il savait qu'un prophète allait apparaître d'après l'Évangile. [39]. Après sa femme Khadija et Waraqua, les premiers convertis à l'Islam sont par ordre chronologique : Abou-Bekr; puis Zaid, fils de Harith (qui était un esclave de Mahomet) ; Bilal (esclave d'Abou-Bekr).[40]. Par la suite, plusieurs se convertiront de l'idolâtrie à l'Islam.[40] Au départ, les compagnons de Mohamed étaient au nombre de trente-sept qui tenaient au secret leur confession.[41]

 

Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs pratiques ancestrales [42] , en trois ans, il réussit à s'entourer d'une petite cinquantaine de disciples. Ils sont une centaine au bout de cinq ans. La croissance du groupe inquiète les Mecquois et les persécutions contre Mahomet et les siens se font de plus en plus vives après la mort de Khadija et d'Abû Tâlib. Une première vague d'immigration emmène une partie des musulmans en Éthiopie où ils vivent quelque temps sous la protection du Négus, le roi chrétien d'Éthiopie. Mahomet profite de la saison du pèlerinage qui voyait affluer vers La Mecque les Arabes de toutes les régions de la péninsule arabique pour prêcher le message de l'islam. Il conclut un pacte avec un groupe de médinois qui acceptent son message. L'année suivante, la communauté musulmane médinoise est plus nombreuse. Soixante-dix hommes se rendent en pèlerinage à La Mecque pour prêter allégeance au prophète et lui proposer leur protection s'il s'installait à Médine [43]. L'ordre est donné aux musulmans mecquois d'émigrer (hégire) à Yathrib (future Médine) en 622, année de l'hégire, à l'origine du calendrier musulman.

 

Selon la tradition, Mahomet aurait été le dernier à partir, en compagnie de son fidèle ami et futur calife Abou Bakr. Ali, quant à lui, reste sur place avec pour mission de restituer les dépôts, dont Mahomet avait la garde, à leurs propriétaires.

 

 

 

                                          Mahomet chef d'État ou de la Oumma

 

Lettre du prophète à Muqawqis

 

La première mosquée de Médine fut édifiée par Mahomet [20], puis elle a été rénovée par les dynasties musulmanes à travers les siècles.
Mahomet réorganise Yathrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent. Un pacte-constitution régit les relations entre les différentes communautés religieuses qui habitent la ville, garantissant notamment à tous les citoyens la liberté de conscience. Ce serait, selon l'appréciation du professeur Muhammad Hamidullah, la première constitution écrite de l'histoire. Néanmoins, ce nouvel ordre est venu contrarier les intérêts des notables de la ville, dont Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul et ceux des tribus juives de Médine.

 

Certains juifs, à l'instar du rabbin Abd Allah ibn Salam, reconnaissent en Mahomet le prophète tant attendu et embrassent l'islam[réf. nécessaire]. Mais les Juifs de Médine ne se convertissent pas pour autant en masse. Au fil du temps, les musulmans déchantent et prennent leurs distances avec les « gens du livre ». La rupture est marquée lorsque la direction de la prière devient la Ka'ba à La Mecque et non pas à Jérusalem.

 

Les musulmans font l'objet d'attaques de la part des Mecquois et ripostent. Pendant le mois de ramadan en l'an 624, la bataille de Badr éclate. Il s'agit du premier conflit mené par une armée musulmane stricto sensu. Elle aurait opposé 317 soldats musulmans à un millier de soldats mecquois. La victoire contre les Mecquois assoit l'État musulman naissant et constitue un atout psychologique pour les musulmans. Le mois de jeûne, Ramadan, est par la suite fixé le mois anniversaire où aurait commencé la révélation du Coran ou, selon une autre version, pour commémorer la bataille de Badr.

 

Les Mecquois prennent leur revanche lors de la bataille de Uhud, en l'an 625. Supportant mal la mainmise des musulmans sur Médine, certains notables juifs, à l'instar de Salam ibn Abi Al-Haqiq, auraient profité de cette défaite pour se rendre à la Mecque et inciter les Mecquois à revenir à la charge. Afin d'en finir avec la menace que constituait à leurs yeux ce nouvel état, les Mecquois forment une coalition regroupant plusieurs tribus arabes dont Gatafan, Banu Sulaym, Banu Asad, Fazarah et Ashja. En l'an 627, une armée de dix mille soldats marche sur Médine, qui se retranche derrière un fossé creusé sur la proposition du compagnon de Mahomet, le Persan Salman Al-Farisi. Le siège de la ville s'installe dans la durée. Quelques escarmouches opposent les deux parties. La diplomatie Mecquoise a tenté secrètement et a réussi à soudoyer la tribu juive des Banu Quraydhah qui avait la charge d'une partie du front. Mahomet envoie quatre émissaires aux Banu Quraydhah pour s'assurer de la réalité de leur soutien, mais les émissaires sont mal reçus et constatent la défection des Banu Quraydhah. En parallèle, un homme de Ghatafan nommé Nuaym ibn Masud se convertit secrètement à l'islam et reçoit l'ordre de semer la zizanie entre les coalisés. Il réussit à faire douter les Banu Quraydhah de la solidarité des coalisés en cas de défaite et fait douter les premiers de la sincérité de leurs alliés médinois. Exténués par le siège et les intempéries, les coalisés décident de lever le siège laissant les Banu Quraydhah à leur sort. Après un siège de 25 jours, ces derniers sont soumis au jugement de la Torah par leur allié de jadis Saad ibn Muadh : les hommes de la tribu sont tués, leurs biens confisqués et leurs femmes et enfants sont asservis.

 

En 628, Mahomet part en pèlerinage à La Mecque à la tête d'un convoi de 1 400 pèlerins et multiplie les signes de ses intentions pacifiques. Les Mecquois leur refusent l'accès au sanctuaire, mais signent avec les musulmans la trêve dite d'Al-Hudaybiyah. En 632 après l'hégire (en 629 - 630), la trêve est rompue lorsqu’une tribu alliée de La Mecque agresse une tribu alliée de Médine. Mahomet marche secrètement sur La Mecque à la tête de dix mille soldats. Aux portes de la ville, il garantit la sécurité de toute personne non combattante et déclare une amnistie générale. La Mecque se rend alors sans opposition. Des conversions forcées d'anciens opposants sont relatées.

 

À partir de l'hégire, il aura fallu neuf ans pour que toute l'Arabie embrasse l'islam. Mahomet ordonne l'arrêt des razzias entre tribus arabes déclarant lors de son Sermon d'Adieu : « Le musulman est intégralement sacré pour le musulman, son sang est sacré, ses biens sont sacrés, son honneur est sacré. »

 

L'unification de la péninsule arabe sous la bannière de l'islam n'est pas de nature à laisser ses puissants voisins indifférents. Mahomet décide donc d'envoyer ses ambassadeurs en Égypte, en Perse et à Byzance, entre autres destinations, pour transmettre son message. L'ère de la conquête au-delà de la péninsule va alors commencer.

 

Après avoir réorganisé l'administration et assis l'influence de l'islam à La Mecque, il retourne à Médine, où il meurt le 8 juin 632 âgé de soixante-trois ans après une courte maladie. Il fut enterré dans son appartement mitoyen de la "mosquée prophétique". Un agrandissement de la mosquée de Médine sous la dynastie omeyyade se fait autour de son tombeau, dorénavant à l'intérieur de la mosquée, isolé par un triple mur.

 

 

 

Après sa mort, ses disciples continuèrent de se transmettre oralement et sous forme d'écrits les paroles de Mahomet, avant qu'elles ne soient rassemblées définitivement en un seul livre, le Coran, par le troisième calife Uthman moins de vingt ans après la disparition de Mahomet[réf. nécessaire].

 

 

 

Mahomet considéré comme intercesseur
Plusieurs hadiths donnent à Mahomet le rôle d'intercesseur[34], de même certains passages du Coran[44].

 

« Il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu » correspond bien à l'idée selon laquelle Mahomet, qui est censé être illettré au début de la prédication, retransmet ce que lui dicte l'archange Gabriel.

 

 

 

                                   Diplomatie et batailles internes
 Article détaillé : Batailles de Mahomet.
Mahomet participera aux trente-cinq expéditions; d'autres diront quarante-huit[45]. Mahomet a envoyé huit ambassadeurs vers huit rois ou gouverneurs, pour les appeler à Allah[46].

 

Il s'agit de :

 

Le gouverneur des Coptes, Moqauqas[47] ;
Le gouverneur de Syrie, Harith ;
Le prince d’Oman, Djafar ben Djolonda ;
Le prince du Yémen, Haudsa ;
Le gouverneur du Bahreïn, Al Ala ben al Hadhrami ;
Le roi d'Abyssinie, Nedjaschi[48] ;
L'empereur Byzantin, Héraclius ;
Le roi de Perse, Parwiz.
La lettre contenait « Au nom d'Allah clément et miséricordieux. Dis: Ô humain, je suis l'apôtre d'Allah, envoyé vers vous tous, de celui qui possède les cieux et la terre. Il n'y a pas de dieu en dehors de lui, qui donne la vie et fait mourir, etc. »[49] La lettre finissait par « Salut à celui qui suit la droite voie. Mets-toi à l’abri du châtiment de Dieu si tu ne le fais pas, eh bien, moi je t'ai fait parvenir ce message! »[46].

 

 

 

                                      Autour de Mahomet

 

Ses armes
Le professeur M. Hamidullah décrit dans son livre intitulé 'Le prophète d'Islam, sa vie, son œuvre', toutes les batailles livrées par Mahomet étaient défensives. Les raisons de chaque bataille livrée sont systématiquement explicitées dans tous les ouvrages biographiques de Mahomet d'ibn Ishaq, ibn Hisham, etc).

 

Mahomet possédait sept épées [50].

 

Sa première épée portait le nom d'Adhbâ. Il l'avait avant la Fuite de Médine (Hégire). Mahomet combattait avec cette épée lors de la bataille de Badr.
La deuxième épée avait le nom de Dsou'l Feqâr. Elle appartenait à Monabbih, fils de Hadjâdj, et Mahomet l'avait trouvée dans la bataille de Badr[51].
Trois autres épées étaient un butin de guerre contre les Béni Qainoqâ. Elles avaient les noms suivants: Khaif, Battar et Qoaite.
Enfin, Ali lui a offert deux autres épées qu'il aurait trouvées dans le temple des Bani Tayy. Les noms de ces épées sont Mikhdsam et Rosoub [51].
Mahomet avait trois arcs, trois cuirasses, trois lances et un bouclier[52].

 

 

 

Ses secrétaires
Mahomet a choisi dix secrétaires pour écrire les révélations et pour gérer l'argent et les revenus [53].

 

 

 

Ses affranchis
Mahomet a acheté 17 esclaves pour leur rendre la liberté [54]. Bilal fut un des premiers noirs à jouir de la liberté pour devenir le premier muezzin de l'Islam [55].

 

« Rédigez un contrat d'affranchissement pour ceux de vos esclaves qui le désirent, si vous reconnaissez en eux des qualités et donnez-leur des biens que Dieu vous a accordés (Le Coran, La Lumière, XXIV, 33 (ar)النور). » [56]

 

Voir aussi : Traite musulmane

 

 

 

Son pèlerinage
Mahomet a accompli trois fois le rituel du pèlerinage. Deux fois avant sa fuite et une fois lorsqu'il était à Médine. Le dernier pèlerinage s'appelle Hadjetou el Wadâ (le pèlerinage de l'adieu ou de la perfection). Mahomet a fait quatre fois la visite de l'Accomplissement [57].

 

 

 

                                                 Sa vie maritale
Selon ses biographes, Mahomet aurait eu en tout quinze épouses[58] tout au long de sa vie. Tabari dans son livre La Chronique signale qu'il aurait convoité cinq femmes et qu'il avait deux esclaves dont l'une « Maria fille de Siméon le Copte »[59], lui donna un fils, Ibrahîm, qui mourut à l'âge de deux ans. « Il avait parfois en même temps onze femmes, parfois neuf et parfois dix. Quand il mourut, il laissa neuf veuves. » [58]. Un peu plus loin, Tabari signale que selon d'autres traditions, le prophète aurait épousé vingt femmes et qu'« il y a en outre cinq femmes que le prophète a convoitées, mais qu'il n'a pas épousées »[60].

 

Après le décès de Khadija, sa première épouse, il épouse la veuve Saouda, puis, pratique conforme aux normes et aux valeurs de l'Arabie de l'époque, épouse Aïcha fille d'Abu Bakr âgée de 6 ans (trois ans plus tard il consomme le mariage ; elle n'a alors que 9 ans seulement)[61]. En 627, il se marie avec Rayhana une juive, puis Myriam en 629 une chrétienne ; la même année, il se marie avec Safiyya une juive, en accord avec les règles de mariage de l'islam.

 

À la fin de sa vie, Mahomet aurait eu douze femmes et deux concubines [62], dont une esclave chrétienne copte qui lui avait été donnée par le roi d’Égypte. Selon le Coran[63],[64], ce statut spécial de Mahomet lui fut révélé par l'ange Gabriel :

 

« Ô prophète! il t'est permis d'épouser les femmes que tu auras dotées, les captives que Dieu a fait tomber entre tes mains, les filles de tes oncles et de tes tantes maternels et paternels qui ont pris la fuite avec toi, et toute femme fidèle qui aura donné son âme au prophète, si le prophète veut l'épouser. C'est une prérogative que nous t'accordons sur les autres croyants ».
« Nous connaissons les lois du mariage que nous avons établies pour les croyants. Ne crains point de te rendre coupable en usant de tes droits. Dieu est indulgent et miséricordieux. » ( Sourate al Ahzab, versets 49-51)
Les détracteurs de Mahomet pointent souvent du doigt l'âge d'Aïcha lorsque Mahomet eut une relation charnelle avec celle-ci (neuf ans), le nombre de ses femmes (il avait neuf femmes à sa mort), alors que l'islam limite le nombre d'épouses qu'un homme peut avoir simultanément à quatre (ainsi que d'autres conditions restrictives) ainsi que l'âge très jeune Aïcha (les autres étaient toutes veuves lorsque Mahomet les épousa. L' accusation que Mahomet se maria avant que cette règle fût instaurée par le Coran et même si les hommes de l'époque durent se séparer de certaines de leurs femmes pour respecter la règle, le Coran a instauré une exception pour le prophète -lire supra.

 

Même si les nombreux mariage de Mahomet sont étonnantes à notre époque et sont une source de virulentes critiques, une étude plus approfondie des mariages de celui-ci fait surgir très vite plusieurs choses non négligeables. Pour ne pas faire d'anachronisme il est nécessaire de souligner que Mahomet a vécu en plein Moyen-âge en Arabie et n'a pas inventé la polygamie, il l'a limitée en fait à quatre épouses.[65] Ensuite, l'illustre prophète ne s'est marié qu'avec Aïcha en tant que fille vierge, étonnant étant donné que le Coran lui autorisait de se marier avec un nombre de filles non limité -qui dura plusieurs mois- et que ses fidèles compagnons auraient été honorés de donner leurs filles à leur prophète.[66] Toutes les autres épouses de Mahomet étaient veuves, pour certaines plusieurs fois... L'une de ses épouses perdait même continuellement du sang. Les mariages sont tous liés à un intérêt diplomatique comme le veut la tradition arabe de l'époque. Chaque mariage établissait un lien de sympathie avec la tribu de la mariée...[67],[68] L'esprit chrétien de la monogamie en Occident fait forcément que la personne de Mahomet qualifiée de prophète et étant polygame provoque de vifs débats dans cette partie du monde. La polygamie continue d'être pratiquée dans d'autres régions du monde, pas forcément islamisée... Selon les démographes et les ethnologues, 80% des sociétés connues et étudiées sont polygames de droit et, parmi elles, seulement 1% polyandriques. Néanmoins, au sein des sociétés majoritairement polygyniques on constate que 60 à 80% des foyers sont monogames de fait (et non de droit)[69].

 

 

 

                                Description physique et représentations

 

Mahomet selon une illustration persane (Bibliothèque nationale de France)
D'après les témoignages de ses compagnons[70],[71], il n'était ni longiligne ni trapu, sa peau n'était ni d'une blancheur éclatante ni foncée, sa chevelure n'était ni crépue ni outrancièrement longue. Il avait les paumes et les pieds épais, sa tête était grosse et ses articulations imposantes. Les poils qui descendaient de sa poitrine à son nombril formaient une longue ligne. Quand il marchait, il s'inclinait vers le devant comme s'il descendait d'une pente. Sa barbe était ample.

 

 

 

 

 

Tableau qui résume les différents groupes musulmans

 

Mahomet lors de l'épisode du Voyage Nocturne chevauchant le cheval Bouraq est entouré d'anges, dont l'archange Gabriel, à gauche. Notez que le visage de Mahomet (entouré d'une aura de feu) est absent dans ce tableau d'origine perse, voilé par un tissu blanc (ou effacé ultérieurement à sa composition).
Après la mort de Mahomet, il y a eu la naissance de plusieurs branches philosophiques et religieuses qui n'ont pas une même vision commune sur la vie de Mahomet. Parmi ces grandes branches: Sunnite, chiite, etc. [72]

 

De par l'interdit sunnite de représenter tout être possédant une âme (cette interdiction n'existe pas pour les chiites duodécimains, habitués à afficher au contraire de grands portraits), l'islam orthodoxe estime encore plus grave de représenter Mahomet. Transgresser cette règle peut être considéré comme un blasphème.

 

Elle n'est pas respectée de façon absolue. En particulier, Mahomet est parfois représenté chez les Persans et les Turcs, avec différentes variantes : visage vide ou caché par un voile, etc.

 

La publication de caricatures dans un journal danois puis dans différents autres médias, européens ou non, a soulevé quelques mois plus tard un tollé dans plusieurs pays de tradition et de culture islamiques et certaines communautés musulmanes des pays occidentaux. En fait, trois phénomènes se superposent dans cette affaire des caricatures :

 

la représentation de Mahomet, en tant que telle
l'emploi de la dérision ou de la critique
les amalgames qui leur étaient imputés
entre islam et terrorisme d'une part,
entre islam et obscurantisme de l'autre.
En France, seul le troisième point autorisait une action judiciaire, qui fut menée. Bien que les plaignants fussent déboutés, le jugement contenait des attendus généraux dont le CFCM se déclara officiellement satisfait, et cet organisme ne fit pas appel.

 

 

 

                                  Mort de Mahomet Istanbul, 1595
 Article détaillé : Représentation figurée dans les arts de l'Islam.
Mahomet a donné l'ordre d'enlever une image d'un portrait humain, qui était représenté sur un bouclier. Cette image a disparu sans que personne n'y touche[73]. Cependant, l'islam permet la description d'un personnage. Tabari dans son livre La Chronique fait une longue description du prophète d'après Ali. Ali dira que le prophète était de taille moyenne. La couleur de la peau était blanc rosée. Les yeux étaient noirs et sa chevelure longue. Le prophète nouait des fois ses cheveux en deux ou quatre boucles. Et parfois, ses cheveux tombent sur sa tête [73]. Son nez était droit et les dents écartées. La barbe était bien fournie [73].»

 

L'art s'est développé au début de l'islam. Plusieurs travaux artistiques sur la céramique, sur le bois, sur la pierre, sur le métal, etc., ont été gardés dans les monuments historiques musulmans. Ils font parties du trésor artistique laissé par les musulmans. La calligraphie, la miniature, la cartographie, etc., tous les genres et modèles techniques témoignent de la grandeur artistique des musulmans au Moyen Âge. Plusieurs artistes persans ont élaboré des chefs-d’œuvre en illustrant des portraits de personnages célèbres et de Mahomet [74].

 

 

 

                                      Ses descendants
Après la mort de Mahomet, de nombreux musulmans se réclament de sa descendance. Ils sont alors qualifiés de chérif, littéralement « nobles » ou sayyid « seigneur ». Leur lignée remonterait à Mahomet par l'intermédiaire d'Al-Hasan ou d'Al-Husayn, les enfants de Ali ibn Abi Talib et de Fatima Az-Zahra, la fille de Mahomet. Ces considérations généalogiques peuvent revêtir une dimension politique importante lorsque certaines familles régnantes la font valoir pour asseoir leur légitimité, à l'instar des Hachémites en Jordanie et de la famille royale du Maroc, les Alaouites. Néanmoins d'un point de vue coranique, le fait d'être descendant de Mahomet ne donne aucun privilège particulier à la personne.[75]

 

 

 

Annonce de la venue du prophète selon les croyances islamiques
 Article détaillé : Annonce de la venue de Mahomet.
Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme prophète de l'islam pour toute l'humanité est annoncée dans la Torah et dans l'Évangile. Plusieurs passages de la Bible sont interprétés en ce sens. [76],[77]

 

« Et quand Jésus fils de Marie dit : “ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager d’Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera “Ahmad”. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : “C’est là une magie manifeste”. »
    — Sourate As-Saff 61.6

 

(Cor. VII, Al-A'raf : 157) : " Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit mentionné chez eux dans la Torah et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui; ceux-là seront les gagnants." [78],[79],[80], etc.

 

 

 

Annexes

 

Notes et références
 - Musnad Ibn Hanbal, hadith n° 21257
 - Voir un exemple dans Nassima Dris, Sylvia Ostrowetsky, La ville mouvementée espace public, centralité, mémoire urbaine à Alger [archive], L'Harmattan, 2002, 435 p. (ISBN 9782747518123) [prés. en ligne [archive]], p. 309
 - Que la bénédiction et le salut de Dieu soient sur lui. En arabe : ṣallā allāh `alayhi wa sallam, صلّى اللّه عليه و سلّم ou ﷺ, ou abrégée : ṣalaʿam, ﷵ. Cette eulogie est abrégée par (pbAsl) (initiales du français), (sAaws) (initiales de l'arabe), (sAws), (sAas).
 - Édouard-Marie Gallez, Le Messie et son prophète.
 - A propos de la forme du nom de Mahomet; Michel MASSON. Université de Paris III- Sorbonne Nouvelle. [archive]
 - André du Ryer, auteur de la première traduction du Coran en français en 1647, intitule sa traduction : L’Alcoran de Mahomet. Il intitule son introduction Sommaire de la religion des Turcs. Dans cette introduction il vocalise le mot arabe محمد selon la prononciation qu’il attribue aux Turcs Mehemet et le transcrit par Mahomet en français :
« Ils n’ont point de Sacrement que la Circonciſion, ils font circoncire leurs enfants en l’aage de ſept ou huict ans, & lors qu’il peuvent proferer ces mots : لا اله الا آلله محمد رسول آلله la ilhailla allha Mehemet raſoul allha c’eſt à dire, il n’y a qu’un ſeul Dieu, Mahomet eſt ſon Prophete & ſon Apoſtre, c’eſt leur profeſſion de foy, neantmoins il n’eſt pas fait mention de la Circonciſion en tout l’Alcoran. »

 

En 1869, dans l'introduction à la traduction du Koran par Albin de Kazimirski Biberstein intitulée Notice biographique sur Mahomet, on trouve la note suivante :
« Le nom Mahomet s’éloigne un peu de la véritable orthographe arabe. C'est Mohammad (le glorifié) qu'on devrait dire ; les Turcs prononcent Méhémet, quand il est question d'un personnage vivant du nom de Mohammed, c'est au contraire l'usage en français de se servir de la forme Mohammed, lorsqu'on parle des Arabes vivants qui portent ce même nom. »

 

 - Remarque, le passage cité ainsi d’après André du Ryer contient trois erreurs orthographiques. ilhailla au lieu de ilâhe, allha au lieu de Allah et Méhémet au lieu de Muhammed. Mehmed ne se prononce pas mehemed en turc. Les Turcs nomment leurs enfants Mehmet. Jamais Mehemet. Qui se prononce parfois Mêmette (le "t" est prononcé en turc, pas comme en français). Lors du rituel de circoncision, on ne prononce jamais Mehmet. Les Turcs n'utilisent jamais le nom de Mehmet pour désigner Mahomet, parfois ils le nomment Mustafa ou Ahmed. Le rite hanafite chez les Turcs nécessite bien de prononcer Muhammed avec "e". comme dans les rites Chaféite, Hanbalite, Malékite, Imamite (lesquels ajoutent seulement wa Ali Imamullah dans la chahada) ou même Zaydite. Voir : (ar)/(tr) Şeyh Abdurrahmân El-Cezîrî, Dört Mezhebin Fıkıh Kitabı (Kitâb'ul Fiqh alâ al Mazhâhib'ul arba'a), Traduction : Hasan Ege, Bahar yayınları. Cilt : I, Sh : 123-125
 - Pour le rituel de circoncision exact en turc orthographié en la

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Commentaires (2)

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Date de dernière mise à jour : 16/01/2013

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